“Le conclave a commencé.” C’est la façon que mes collègues, pour rire, ont décrit cette rencontre de la cellule méthodologique, ou bien suivi et évaluation. Les autres coopérants, basés en Afrique, Asie et Amérique latine assistent tous à cette réunion de trois jours, en résidentielle à Bruxelles. Les collègues rigolent, mais cela montre une certaine appréhension. Pour beaucoup, ces rencontres de la cellule méthodo, ça a l’air toujours technique, un peu secret, incompréhensible, et puis on sort avec pleins de documents et des outils… qu’eux vont devoir appliquer. Et, force est d’admettre qu’il y a un peu de ça…

Le suivi et l’évaluation (ou M&E) sont tous les outils qui permettent de vérifier si un projet fonctionne bien, si on atteint les objectifs. Dans le monde du développement, c’est devenu tout un domaine spécifique, avec différents écoles et son propre vocabulaire. Perso, je suis fan, ou adepte, selon la conception. J’aime bien développer et tester des outils, y impliquer des bénéficiaires, chercher des moyens simples mais qui illustrent ou indiquent qu’on fait des progrès, qu’on crée une différence. Mais comment mesurer l’impact d’une formation, savoir si cela a changé la mentalité, l’attitude ou le comportement d’un participant? Comment démontrer que des années de plaidoyer ont aboutit à une nouvelle loi, ou une convention collective de travail, et que nos activités y ont contribué? Avec nous quatre coopérants qui travaillent sur le terrain, on y réfléchit. Et on discute d’outils, de moyens. Et nos collègues attendent, avec un peu de crainte, la fumée noire ou grise….

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